La saga du stade Michel-d’Ornano 1/5

Nouvelle enceinte ou reconstruire Venoix ?

Vendredi 10 juin 1988, le Stade Malherbe caennais vient d’obtenir son billet pour la première fois de son histoire dans l’élite du football français. L’antre du club depuis sa création en 1913, le stade de Venoix accueille pour ce match historique pas loin de 10 000 spectateurs. Ce n’est pas la première fois que la barre symbolique des 10 000 personnes est atteinte (voir la saga du stade) mais avec la montée en première division, la question de la capacité du stade se pose, bien qu’augmentée au cours de ses 75 ans. Les dirigeants du club et la mairie, propriétaire du stade prennent conscience que l’antre de Venoix va être rapidement trop petit pour accueillir l’engouement autour du vieux club caennais malgré les travaux entrepris à l’intersaison pour augmenter la capacité totale (3 300 places assises supplémentaires). Dès le premier match en D1 (Nantes le 23 juillet 1988), 9 297 entrées payantes sont comptabilisées (à cela s’ajoutent les invitations et ayant-droits qui portent le nombre total de spectateurs à plus de 10 000), 11 483 une semaine plus tard pour la réception de Monaco. Lors des saisons précédentes en D2/D3, la moyenne de spectateurs était inférieur à 5 000…

Ouest-France 21 juillet 1988

Ouest-France 21 juillet 1988

La mairie prend à bras le corps la question du stade et en septembre 1988, le conseil municipal adopte : « le principe de réalisation d’une étude de faisabilité et préprogrammation d’un équipement sportif comprenant un stade et une salle couverte multi-fonction« . Le cabinet Dourdin Consultants est mandaté par la mairie pour l’étude du stade et d’un « complexe couvert destiné à accueillir différents types de manifestations (matchs officiels ou compétitions diverses, grands spectacles, concerts de variété)« . Il en ressort que la capacité idéale est de 18 000 personnes car le stade Malherbe possède alors la quatrième place au classement des affluences du début de la saison 1988-1989. La salle multi-fonction (sports et concerts) quant à elle est estimée à 6 000 places modulables.

Le maire de l’époque, Jean-Marie Girault souhaite implanter ces deux équipements sur un nouveau site – la commune d’Ifs est privilégiée car disposant d’assez d’espace et étant proche du périphérique. Mais de son côté le Stade Malherbe souhaite rester à Venoix où il a ses habitudes : ses terrains d’entrainement (dont sa nouvelle cage à foot inaugurée en octobre 88), son siège ainsi que son centre de formation tant espéré – situé juste derrière les tôles – ouvre lors de cette saison 88/89. Le club veut aussi garder l’ambiance qui règne à Venoix et a peur qu’elle se perde dans une nouvelle enceinte. Mais le club se range finalement derrière la position de la ville pour édifier une nouvelle enceinte d’autant plus qu’une reconstruction aurait nécessité une délocalisation des matchs le temps des travaux durant quasiment une saison entière.

Un premier projet est présenté devant le conseil municipal le 6 novembre 1989 dans lequel les grandes lignes sont définies : capacité de 20 à 25 000 places, ouverture pour l’année 1992, inclusion dans l’espace urbain existant. Sur ce dernier point, plusieurs sites sont pressentis : la Folie-Couvrechef, la presqu’île, les Pépinières. C’est cet emplacement qui est retenu pour plusieurs raisons : proximité avec les terrains d’entrainement et autres installations du club (siège, centre de formation), desserte par les transports urbains, maintien de la taxe foncière pour la ville. Les capacités de chaque tribune sont aussi définies : deux tribunes latérales avec des places assises de 5 et 6 000 places et deux tribunes de 1 500 places assises transformables en 3 000 places debout. Il est prévu que sous les tribunes, des lieux de vie soient aménagées (bowling, académie de billard, salle de squash) pour faire vivre le quartier qui se développerait autour de l’infrastructure.

Liberté 3 novembre 1989

Liberté 3 novembre 1989

Le 26 février 1990, le conseil municipal entérine le choix du site des Pépinières pour la construction du stade et lance la procédure de déclaration d’utilité publique. Le projet porte désormais le nom de « stade régional ». Désormais, ce sont aux architectes de présenter leurs dossiers.

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Historien, photographe, passionné de la ville de Caen, de football et des tribunes. Caution à peu près sérieuse de WAM.