14 août 2014

Malherbe…avant Malherbe. Histoire d’une genèse (V)

Episode 5 : « Crépuscule du XIXe siècle, aurore du football »

Ami lecteur, admirateur de littérature hugolienne et chantre de la geste du grand Puskas, salut !

Dans la foulée des clubs caennais pionniers, deux nouvelles sociétés virent le jour en 1896. Il s’agit de la « Normalienne de Caen », fondée par les étudiants de l’Ecole Normale de Caen, parmi lesquels on trouve Henri Françoise, futur dirigeant du Club Malherbe, et le « Caen Football Club », dont le président était l’avocat Stéphane Hervieu. Les dernières années de la décennie 1890 furent ainsi marquées par l’organisation sporadique de rencontres amicales entre les différents clubs caennais, aussi bien en rugby qu’en football. Si l’aventure du Caen Football Club tourna court, elle a représenté, en revanche, un jalon décisif dans l’histoire des sociétés de la ville. En effet, c’est sur ses décombres que furent jetées les bases d’une aventure qui s’avéra plus féconde avec la fondation du Club Sportif Caennais, dont Stéphane Hervieu devint le président. Rédigés le 15 novembre 1899, les statuts du CSC furent autorisés par le préfet du Calvados le 2 février 1900. Ardent défenseur des couleurs de ton équipe, la lecture de l’article 3 desdits statuts t’intéresse au premier chef puisqu’on peut y découvrir que « la société prend pour costume un maillot blanc, une culotte noire et une coiffure facultative. Le maillot portera sur le côté gauche un écusson rouge et bleu avec les initiales de la société. Cet écusson sera brodé en soie ou en laine ». Voici donc l’apparition, en toute discrétion, de couleurs promises à un bel avenir ! De l’aventure du Caen Football Club, on retrouvait donc Stéphane Hervieu à la présidence du comité, ainsi que le secrétaire, Paul René, qui avait été le trésorier du CFC. Avec le football, le nouveau club comptait des sections de rugby, d’athlétisme, de course à pied et de tennis. Le club fut reconnu par l’USFSA dès le 3 février 1900, le même jour que… l’ASEC, l’Association des Etudiants de Caen, qui reprenait ainsi le flambeau du sport universitaire, momentanément en retrait depuis la disparition de l’USEC.

Ce qui est désormais intéressant, c’est que chaque club se structure apparemment d’abord autour de la section football, sport dont rien ne semblait plus guère s’opposer à la fulgurante trajectoire. D’après L’almanach des sports de 1899, alors qu’il n’existait que deux véritables clubs où l’on s’y adonnait vraiment sérieusement en 1889 (le Racing-Club de France et le Stade Français, les deux premières sociétés à être affiliées à l’USFSA), il en existait une soixantaine dix plus tard. L’ampleur du mouvement toucha naturellement l’ensemble des lycées dans les ultimes années du XIXe siècle, si bien que l’USFSA institua les premières compétitions interscolaires dès 1898, alors que la décision de créer un championnat de France interscolaire fut entérinée le 17 décembre 1900.

D’autre part, si, jusqu’alors, le championnat de France de football était exclusivement réservé aux équipes de la capitale, la saison 1899-1900 fut marquée par l’instauration de matchs éliminatoires entre les champions des différents comités régionaux constitués dans le pays, à charge pour le vainqueur de défier le champion parisien. C’est dans ce contexte que fut créé le comité régional du Nord-Ouest à Caen, le 24 décembre 1899. Ce dernier rassemblait les départements du Calvados, de la Manche, de l’Orne et de l’Eure (qui sera rattaché en novembre 1901 au comité de la « Manche », comprenant également la Seine-Maritime et la Somme). Si le découpage territorial des comités régionaux peut nous surprendre, il faut bien avoir à l’esprit qu’il était souvent réalisé en fonction du réseau des lignes ferroviaires, paramètre incontournable pour permettre l’affrontement des équipes entre elles. En lançant son premier championnat de football lors de la saison 1899-1900, le comité du Nord-Ouest demanda par ailleurs l’autorisation à l’Union de « réunir les championnats interclubs et interscolaires » en raison du nombre trop peu élevé d’équipes pour mettre sur pied deux compétitions distinctes.

Place au jeu !

A suivre.

FDM

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