La saga du stade de Venoix (6/8)

Le relatif anonymat (1960-1980)

A partir du début des années 60, l’enceinte connaît un relatif anonymat, les passages du Tour de France se font de moins en moins régulièrement. Le Stade Malherbe traverse aussi des turbulences d’ordre financier qui débouchent sur une instabilité à sa présidence. La question du professionnalisme est de nouveau mise sur le tapis en 1962 mais la mairie refuse de prendre part à cette « aventure ». Toutefois, elle continue d’aider le Stade Malherbe en investissant dans l’amélioration de Venoix. Les vestiaires, ainsi que la pelouse, sont rénovés en 1968 après les « événements ».

Le tour de France fait de moins en moins étape à Caen et le vélodrome perd de son utilité. On peut compter sur des arrivées en 1966 et 1967. En 1974, l’arrivée se fait sur l’hippodrome. A chaque fois, ces arrivées d’étapes sont précédées d’un critérium nocturne qui attire toujours autant de monde. Pendant quelques années, Venoix accueille également le premier critérium d’après-Tour. Malgré sa faible utilisation, la piste cyclisme est rénovée en 1969 pour les championnats de France qui se déroulent le 17 juillet. La mairie dépense près de 175 000 francs pour la remettre à neuf.

Bien que l’équipe première de football du Stade Malherbe souffre en championnat amateur, celle-ci se qualifie à l’issue de la saison 1969/1970 pour le nouveau championnat national (équivalent de la D3). Le règlement de ce nouveau championnat stipule que les matchs se déroulent désormais le soir. C’est une nouveauté pour le stade car auparavant tous les matchs se déroulaient l’après-midi (14h30/15h). Ce passage aux matchs nocturnes oblige le club et la municipalité à renforcer l’éclairage qui doit être obligatoirement de 300 lux au sol. La mairie opte pour un remaniement des installations présentes depuis 1955 au lieu d’investir lourdement dans de nos nouveaux achats. La formule des matchs en nocturne fonctionne puisque la moyenne de spectateurs augmente et atteint 1 828 en 1970/1971. C’est l’une des meilleures du championnat, ce qui permet au club de se maintenir (par voie de repêchage) et de participer à partir de la saison 1971/1972 au championnat de deuxième division. Malgré les réussites de son équipe de football, le club connaît toujours des difficultés financières et il décide de vendre son siège social (le golf miniature situé entre la prairie et la préfecture). Il est alors transféré au stade de Venoix en 1973. Puis la mairie aide le club à s’installer, ou plutôt se réinstaller, en faisant transférer le baraquement de l’ancien siège, désormais le restaurant inter-administratif, afin qu’il serve de foyer pour les joueurs. C’est aussi dans ce baraquement qu’est installé le « club-house » qui est géré dès le début par la dévouée Yvette.

Entre l’équipe première, l’école de football alors dirigée par Louis Requier et une section féminine créée à la fin des années 60, les terrains du stade sont vite saturés pour les entraînements. La mairie y remédie en faisant l’acquisition d’un terrain situé à proximité du stade. Il est transformé en terrain d’entraînement pour le début de la saison 74/75. L’équipe première fait le yo-yo entre la deuxième et la troisième division tout le long des années 70. Cette instabilité chronique exaspère parfois les supporters qui n’hésitent pas à signifier leur mécontentement en boycottant le stade. Ainsi, ils ne sont que 369 à payer pour voir le match Caen / Noeux-les-Mines le 29 avril 1978. A l’opposé, plusieurs matchs font le plein durant cette période : les derbies contre l’US Normande en troisième division. On compte par exemple 6 197 spectateurs en 1975. Le match de 16e de finale de coupe de France le 12 mars 1977 contre le PSG permet au stade de battre son record d’affluence avec 11 583 spectateurs. La pelouse du terrain principal souffre de ces matchs à répétition et elle est refaite peu avant le début de la saison 1977/1978, obligeant le club à jouer ses premiers matchs de championnat à Bayeux.

Outre l’équipe du Stade Malherbe, l’enceinte de Venoix accueille un match de l’équipe de France olympique le 25 février 1976 avec dans ses rangs un certain Michel Platini.

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Historien, photographe, passionné de la ville de Caen, de football et des tribunes. Caution à peu près sérieuse de WAM.

3 Comments

  1. Avatar18cher

    Boycott volontaire ou plus par dépit?
    Ce qui est toujours étonnant,c’est le caractère aléatoire des affluences à ces époques là…
    Le foot est certes populaire dans les années 60 et 70 mais jusqu’à quel point,en l’occurrence à Caen?
    N’est-il pas concurrencé par le basket,très performant?

  2. AvatarBenoît Caen Post author

    Boycott volontaire pour cette fin de saison après plusieurs montées/descentes en D2/D3. Pour info, voici les affluences de ces saisons :
    1970-1971 : 1 828
    1971-1972 : 2 803
    1972-1973 : 1 960
    1973-1974 : 1 505
    1974-1975 : 2 130
    1975-1976 : 3 361
    1976-1977 : 2 593
    1977-1978 : 1 431
    1978-1979 : 1 045
    1979-1980 : 1 693
    Et par ailleurs, c’est aussi le sommet du CBC (anciennement Stade Malherbe Caennais section basket) qui obtient les résultats suivants : 1976 – 3ème 1977 – 2ème 1978 – 3ème et 1979 – 2ème

  3. Avatar18cher

    En lisant tout ceci, celà relativise la moyenne de spectateurs à d’Ornano depuis 1993!
    Il est toujours utile de savoir d’où on vient!

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