#WAMLemission : Portrait de Gilles Sergent

Extrait de l’émission du 18 janvier 2019 à écouter en intégralité :

Cher Gilles Sergent,

Vous avez été prévenu, je suis le méchant de la bande, celui qui dit des horreurs sur l’invité…

Et bien, pour une fois, je vais être gentil avec vous.

Oui, c’est une première pour moi, donc j’espère que vous ne m’en voudrez pas des imperfections, je maîtrise moins l’exercice.

Déjà parce qu’en face à face, je ne suis pas super courageux, je ne suis pas trop guerrier, je ne vais pas trop au duel… C’est mon petit côté Khaoui.

Faut dire aussi que lui et moi, on a le même problème : le squelette est bien fait, grand et élégant, la peau est douce et délicate, mais au montage ils ont juste oublié d’ajouter les muscles…

Alors forcément, le monde de la piscine, vous voyez, c’est un peu hostile pour nous, mais je ne vous en tiens pas rigueur, même si j’aimais mieux votre activité d’avant dans la coiffure, quand vous aviez votre propre franchise de salons, les fameux salons « récréa tifs ».

Bref, pour en revenir à vous, je suis ravi que vous ayez gagné le fameux putsch… contre… heu… ça va me revenir… je vois bien sa tête, c’est le sosie du père Noël…

J’avais noté son nom sur un papier que j’avais glissé dans la poche de ma veste, mais j’ai dû le perdre en retournant ma veste…

Oui, je sais, on est nombreux dans ce cas-là.

C’est bien simple, à part nos attaquants, tout le monde est opportuniste dans l’entourage du SMC…

Pour être honnête, je vous avoue que j’aurais dit exactement la même chose à Jean-François Fortin s’il l’avait emporté : que j’en suis ravi, qu’il n’y a qu’un seul président, qu’il nous vient du Cotentin, qu’il fait du beurre salé, tout ça, tout ça…

Bref, je suis mon intérêt, je suis votre premier supporter, des fois que je puisse gratter un truc de valeur que je pourrai revendre à prix d’or, genre :

la compilation des duels gagnés par Claudio Beauvue,
le permis de conduire de Jeff Louis,
ou mieux, le 06 d’Anna, la femme de Jan Repas… Je précise que c’est pour un copain… des fois que ma femme écoute !

En plus, vous êtes un peu mon héros et mon modèle.

A titre personnel, je vous ai découvert en 2013, lorsque nous préparions le livre du centenaire, vous étiez en charge des festivités et on vous présentait clairement à l’époque comme le futur président… à court terme d’ailleurs.

Moi aussi je sais ce que c’est d’être là depuis le début, d’avoir toutes les qualités pour être le président, d’attendre des années tapis dans l’ombre, et comme on joue l’OM dimanche, on peut dire Bernard Tapie dans l’ombre, que la place se libère et de voir le président s’accrocher obstinément à son trône…

Oui, moi aussi je sais ce que c’est.

Sébastien, Je tiens d’ailleurs solennellement à rappeler ici que je trouve formidable ton bilan à la tête de Wam, que si j’ai quelques divergences de vues avec toi, je ne brigue en aucun ta place…

Je précise d’ailleurs que si on se rencontre avec les autres membres de Wam dans son dos, c’est uniquement pour échanger des banalités et ne pas te faire perdre ton temps si précieux avec des fadaises…

Vous avez vu, Gilles, j’apprends vite !

Moi aussi je veux être calife à la place du calife, moi aussi je ne veux pas rester un simple vizir, qui lave le linge sale en famille avec sa femme, la vizirette…

Oui, on est tellement mal payés chez radio Phénix qu’on en est à faire du placement de produit à l’antenne pour survivre…

Pour en revenir à vous, Gilles, je veux vous dire un grand merci : je veux vous remercier de nous avoir redonné espoir et foi en un avenir meilleur, à nous, tous les Iznogoud de la planète qui désespèrent de triompher enfin.

Aux oubliettes les héros trop lisses et trop parfaits, les Fortintin et Pilou !

Cela dit, je ne veux pas m’éterniser sur le putsch, on manque d’informations pour mieux comprendre ce qui s’est passé.

En plus, tout le monde vous a collé l’étiquette de Judas, ça ne doit pas être facile à vivre quand pour toute la France Gilles est jaune !

J’aurais bien développé l’épisode du putsch mais ça… félon !

Et puis un président ça se respecte, ça ne se traîtRe bien.

C’est pour tout ça que j’ai décidé de faire un portrait gentil de vous.

Depuis quelques mois, ça ne doit pas vous arriver souvent qu’un supporter de Caen soit sympa avec vous. Il n’y a qu’à voir la violence des réactions quand on a proposé à ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux de nous transmettre les questions qu’ils voulaient qu’on vous pose.

Pourtant, vos premiers pas de Président du SMC sont franchement parfaits.

Alors que tout le monde reprochait encore à l’ancienne direction une certaine forme d’amateurisme, même si Gravelaine avait déjà bien amélioré les choses, vous auriez pu faire le malin et faire l’étalage de toutes vos compétences pour marquer la différence, comme le premier de la classe qui lève la main bien haut pour répondre à toutes les questions du prof.

Et là, vous avez fait preuve d’une grande sagacité en n’en faisant pas trop.

Moi, par exemple, j’aurais fait du populisme à pas cher, en virant le viking et en collant un drakkar sur le logo pour faire plaisir au MNK.

C’est là où vous avez été vraiment fort, vous n’avez pas cédé à la facilité.

Pareil pour le budget, au lieu de promettre n’importe quoi, vous en êtes resté à promettre une hausse du budget qui ne sera que la conséquence de l’augmentation des droits télé…

Comme ça, quoi qu’il arrive, vous aurez respecté vos engagements : c’est bien joué !

Pareil, pour l’entraîneur, le choix d’un entraîneur prometteur de L2 plutôt que d’un vieux barbon à la René Girard ou Elie Baup, ça plaisait à tous les supporters et c’était presque trop consensuel.

Mais là où vous avez été malin, c’est que vous avez clairement identifié un profil très différent lors de votre première conférence de presse, en parlant d’un entraîneur expérimenté, parlant couramment anglais et sur lequel on faisait un gros effort.

Ou comment ne pas mettre trop de pression à Mercadal en le faisant passer volontairement pour un choix par défaut… C’est fort quand même !

En plus, j’imagine qu’il n’est pas payé à temps plein, vu le temps qu’il passe à parler foot à la télé ou dans la presse…

Et si on parle du recrutement, vous avez lancé votre mandat avec le recrutement de Bammou pour 3 millions d’euros, selon ce qui circule.

Là encore, tous les supporters étaient unanimes, à Nantes comme à Caen : il est nul.

Moi, à votre place, j’aurais fait le malin, j’aurais fait exprès de prendre un profil comme ça rien que pour faire une Rodelin et qu’il devienne un héros du stade malherbe quelques mois plus tard, en mode « alors, c’est qui le boss ? ».

Mais là où je vous admire, c’est que vous avez fait passer votre orgueil derrière le respect de votre public : 6 mois après, les supporters considèrent toujours que Bammou est nul. Grace à vous, on ne se retrouve pas dans la position désagréable d’idolâtrer un joueur qu’on a descendu quelques mois plus tôt. Et ça je vous en sais gré !

Plus généralement, sur le recrutement estival, on voit bien que vous avez mis votre ego de côté et que vous n’avez pas voulu trop trancher avec le recrutement complètement raté de la saison passée.

Sinon jamais on n’aurait recruté Tchokounté, Oniangué ou le fantôme de Beauvue…

C’est très classe de votre part, même si je ne doute pas que vous ne tiendrez pas longtemps et que dès la saison prochaine, vous allez nous montrer ce qu’est un recrutement réussi et une saison réussie… Nous, on a un peu oublié depuis le temps…

On a déjà pu voir l’armure se fendre un peu en début de saison, lorsque vous n’avez pas su vous retenir et avez laissé libre court à votre talent, en organisant une présentation des joueurs qui était une réussite absolue, dans l’esprit comme dans la forme.

La saison 2019-2020 sera énorme, je vous le dis !

Il ne nous reste plus qu’à organiser conjointement le jubilé de Nicolas Seube et vous ferez définitivement partie de la famille Wam !

J’en termine en vous souhaitant la bienvenue dans notre émission…

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Un auteur amoureux du SMC depuis son plus jeune âge. Des loges au kop, il y a un monde. Entre les loges et le kop, il y a surtout du monde. Plein de monde. Dont moi, qui ne suis les matchs ni en loge, ni dans le kop. J'apporte ma modeste contribution à l’édifice, de mon col blanc chez les rouge et bleu, sans écharpe… ni cravate.