12 octobre 2017

Jean François Fortin : « On me reproche d’avoir décroché le téléphone… »

Jean François Fortin, depuis notre dernière entrevue en avril 2016, le club a présenté son projet « Malherbe 2020 ». Aujourd’hui, un an et demi après, quel regard portez-vous sur l’évolution du projet ?

En ce qui me concerne je suis plutôt satisfait des avancées, on a réussi à faire du stade un lieu plus agréable pour les supporters et les partenaires. On a réussi à faire de l’ensemble « centre de formation, terrains annexes et infrastructures d’entraînement » quelque chose d’utile, efficace et moderne. Pendant des années on avait une fosse et on ne pouvait pas s’en servir, maintenant on a même une piste et une nouvelle butte d’entraînement.

Le club fera-t-il d’autres travaux à l’avenir ?

Pour l‘avenir il reste des choses à faire, avec notamment la construction d’une petite tribune avec vestiaires sur les terrains annexes afin d’être aux normes pour les compétitions de l’équipe réserve. Et aussi une modernisation des vestiaires sur le terrain d’entraînement principal, avec un équipement médical.

Et puis vous savez, dans la vie d’un club de football professionnel tout est possible et il est important de le garder à l’esprit. Il est possible qu’on doive changer la pelouse du stade d’Ornano en fonction de son comportement dans le temps. Il faut qu’on soit vigilant à cause de la « licence club » qui joue sur les droits TV, donc sur nos revenus en fin de saison.  Car si on veut que les investisseurs TV financent le football, il faut que les clubs leur fournissent des garanties, celle d’assurer du spectacle et la tenue des matchs.

En tout cas beaucoup de choses sont à l’étude avec pourquoi pas un système de chauffage sous la pelouse.

Et le Stade Malherbe est assez riche pour tout ça ?

(Rire) On est raisonnable mais au fur et à mesure la « pointure » augmente. Le club grandit et les infrastructures doivent suivre.

Je n’ai jamais cessé de le dire depuis que je suis au club, et ce sans aucune critique de ma part, mais certains l’avaient perdu de vue : pour se maintenir dans l’élite, c’est la partie financière qui est la plus importante car elle conditionne la partie sportive. Il y a des années, le club ne pouvait prétendre à se pérenniser en Ligue 1, nous étions obligé de vendre nos joueurs afin d’arriver devant la DNCG dans le vert et afin de préparer le budget de la saison suivante. Aujourd’hui c’est différent, le club est en train de franchir un palier.

Mais ce n’est pas toujours facile, une fois on finit 7ème, puis l’année d’après on se sauve à la dernière seconde (rire). Mais ça nous permet d’exister à ce niveau.

Aujourd’hui le SM Caen a-t-il des infrastructures de haut niveau ?

(Silence) Quand on voit les stades ultra-modernes qui se construisent en ce moment je ne sais pas si on peut dire que nous avons des infrastructures de haut niveau, mais en tout cas nos équipements sportifs sont modernes et performants.

Et puis le stade Michel d’Ornano est un bâtiment qui vieillit plutôt bien, et je crois que les travaux ont été réussis ! Il manque juste quelques ajustements avec notamment l’escalier qui descend aux vestiaires qui doit être couvert et repeint. Et on doit voir avec la ville pour revoir quelques points au sujet des éclairages des stationnements autour du stade.

A travers le nouveau visage de d’Ornano, mais aussi des produits estampillés SM Caen dont le partenariat avec la marque 415, est-ce que le club est devenu plus « hype » ? En gros, on est moins « Campagne de France » et un peu plus « Vikings » ?

(Rire) Oui je suis d’accord, on a voulu faire évoluer cette marque qu’est le Stade Malherbe et ça évolue favorablement, c’est clair. Mais tout ça reste lié aux performances du club, (Rire) regardez l’an dernier : on ne peut pas dire qu’on ait vibré… ou alors dans le mauvais sens ! Aujourd’hui, le club travaille sur ses valeurs et ses certitudes, à savoir son sérieux, son image modernisée tout en conservant ses valeurs, et sa renommée en matière de formation.

Et ça doit être poursuivi. Je souhaiterais plus de régionaux au club d’une année sur l’autre. Être le club d’une région c’est bien, mais on doit continuer à s’ouvrir aux clubs amateurs de la Normandie.

A travers les entraînements délocalisés notamment ?

Oui tout à fait, à travers la présence des joueurs à la foire de Caen, de Lessay, etc… Il faut continuer à aller s’entraîner ailleurs, quand on voit le bonheur dans les yeux des gamins c’est merveilleux. C’est aussi ça notre boulot et notre raison d’être, il ne faut pas l’oublier.

Président, la justice vous a renvoyé devant le tribunal au sujet des soupçons de corruption concernant le match Caen-Nîmes. Après avoir été blanchi par les instances du football Français, il reste à convaincre la justice, comment vous sentez vous ?

C’était attendu de toute façon car seule la justice peut me disculper et j’ai hâte que tout cela soit fini. Ce qu’on me reproche c’est d’avoir décroché lorsque le président de Nîmes m’a appelé, alors que je ne connaissais même pas son numéro ! Et surtout, on me reproche de ne pas l’avoir envoyé chier. Je m’explique, il me dit « Vous vous êtes rendu compte que ce soir un match nul arrangerait tout le monde », je lui ai répondu qu’il fallait être con pour ne pas s’en rendre compte. D’ailleurs si vous aviez posé la question aux spectateurs, il était clair que tout était réuni pour que ça fasse un match nul !

Ce match n’aurait pas dû être rejoué et encore moins entre les deux dernières journées, on aurait dû avoir trois points sur tapis vert ! Bref, j’ai hâte que ça se termine, comme ça j’irai régler mes comptes.

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A propos de Rémy Verpoutre

Rémy Verpoutre

Né en 1986 de la rencontre entre une goutte de sueur de Fabrice Divert et le regard de Pierre Mankowski, il voue sa vie à tenter de faire classer le SM Caen au patrimoine mondial de l’Humanité. Intervieweur acharné, il traque et questionne les anciens porteurs du maillot rouge et bleu afin d’entretenir leurs voix dans le Panthéon Malherbiste.

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