# Mon match à WAM # Feret, c’est extraaaaa…

 

Feret et ses disciples...

Feret et ses disciples après la « multiplication des caviars »…

 

« Ecoute Robert, nous on t’adore tous. Tu es un super coach mais maintenant le problème est que tu ne peux plus faire grand chose. C’est nous, les joueurs, qui devons prendre le relais. Soit on décide de se bouger et de se sauver, soit on ne le fait pas et alors on n’a aucune valeur. »

 

Graham Rix est probablement le joueur qui a le plus incarné le « fighting spirit » à Caen, ce mélange de combativité sportive et de hargne sauvage, qui permit durant quelques années à Malherbe de basculer de sa ration de lose hebdomadaire à l’esprit de conquête permanent. Lorsqu’au cours de la saison 1988-1989, l’ancien joueur d’Arsenal prend la parole dans le vestiaire après la causerie de Robert Nouzaret, alors entraîneur du SMC, il place tout un collectif face à ses propres responsabilités. On oserait dire face à son destin.

 

On a souvent reproché à Julien Feret de ne pas être un « vrai » capitaine. Pourtant, lorsque vers la fin du match face à Rennes, il demande à Patrice Garande de faire entrer un milieu défensif, lorsque par sa simple conduite de balle et sa vision du jeu il met en mouvement ses coéquipiers, lorsque d’une interception et d’une chevauchée rageuse, il parvient à leur montrer qu’il est possible de sortir de la peur et de plier un match, c’est cet état d’esprit de la fin des années 1980 qu’il remet au goût du jour. Alors oui, il le fait sans l’extravagance de Graham, avec une personnalité moins affirmée, mais avec l’humilité qui caractérise les terres du grand ouest.

 

En effet, Rennes est, dit-on, réputée pour être une terre d’humilité. Il est vrai qu’après deux défaites en finale de coupe de France contre Guingamp, les supporters des rouges et noirs ne sont jamais trop prudents :

 

 

 

Côté Caennais, venus en masse dans la seule région avec laquelle personne n’a voulu fusionner, on est conscient de ses lacunes mais on sait aussi se contenter de peu.

 

 

Le Bro gozh ma zadoù (un espèce d’hymne provincial dont les Rennais eux-mêmes ne comprennent pas les paroles) à peine terminé, nos Malherbistes zappent les préliminaires. Et c’est l’ancien Rennais Julien Feret qui semble le plus pressé :

 

 

Mais Malherbe reste Malherbe. Le club de notre coeur fuit les matchs faciles et sans suspens. Ben quoi ? Les diffuseurs doivent en avoir pour leur argent, non ? La lose caennaise traverse ainsi les journées de Ligue 1 comme la biosphère traverse les siècles : entre permanence et recomposition…

 

 

 

Puis, survient le premier phénomène surnaturel du match. Oui, oui, vous ne rêvez pas ! Plus de 24h après, on en reste encore bouche bée…

 

 

 

Il vaut mieux en rester-là, l’arbitre décide sagement de siffler la mi-temps. Au retour des vestiaires, Julien Feret décide de tester les sorties de son anciens coéquipier Benoît Costil et lance Nangis en profondeur. Alourdi par ses tatouages, Benoit, grand supporter caennais depuis toujours, fait mine d’intervenir. Il laisse subtilement Nangis le contourner avant de surjouer le désespoir :

 

 

Il faut désormais tenir et, face à un club encore plus loser que lui, Malherbe dispose de quelques atouts, à commencer par un gardien d’une sérénité à toute épreuve. Air Vercoutre traverse ainsi toutes les zones de turbulence sans (trop) dévier de son plan de vol :

 

Mais c’est toujours l’avis de tempête sur le but caennais. Le bulletin de vigilance orange vire bientôt au rouge et noir. Et c’est toute la ville qui est déclarée en état de siège. On n’est pas rassuré, mais alors pas rassuré du tout à la rédac’ :

 

 

 

Mais Julien Feret est de la race des seigneurs. Demandant soudainement au peuple malherbiste apeuré de le suivre, il sépare la mer en deux pour le délivrer des eaux. Rien n’arrête son expédition fantastique. A la rédac’ on reconnaît tout de suite le messi qui vient de nous sortir de la moïse :

 

 

 

Pour nous tous, gueux éternels de la Ligue 1, une victoire 3-1 à Rennes c’est déjà trop. Mais pour les joueurs caennais version 2015 ça n’est même plus assez. Préparez-vous, cher lecteur, à revivre le troisième phénomène surnaturel de la soirée. Damien Da Silva, défenseur central, droitier de surcroît, crucifie un « Galette Saucisse Stadium » médusé : aile de pigeon, frappe du gauche angle fermé, lucarne opposée ! Les supporters caennais sont sur orbite, direction la stratosphère :

 

 

A Caen comme à Rennes, c’est la stupéfaction la plus totale. Ils avaient passé sans encombre le cap de l’an 2000 mais là tous les ordinateurs de la rédaction se sont mis simultanément en « erreur 404 » :

 

Le poutrage est intergalactique. La France du Foot n’en revient pas. Le plus haut niveau du plan vigipoutrage est immédiatement activé dans tous les clubs de ligue 1. Mais les Cosmomalherbonautes n’en ont que faire, ils sont déjà loin du système solaire, sur la planète Viagrax :

 

 

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Le Malherbe Café est un bar ouvert à tous, de minuit à minuit. S’y croisent les vieilles gloires du club avachies au comptoir, les coupures de presse punaisées sur le papier peint humide, les supporters adverses toujours accueillis comme des frères, et les analyses des tenanciers qui font la réputation de la maison. Pour le reste, c’est bière pour tous. Alors à vos mousses !