Mon match à WAM : Reims-Caen, la victoire du patron

C’est donc ça la concurrence pour le maintien ? Après la fessée savoyarde, nos caennais ont découvert une équipe rémoise tout aussi encline à courber l’échine. Aucune envie, des placements douteux, un déchet technique sidérant… Malherbe, solide, en profite pour prendre trois points bien mérités et revenir dans la course au titre

Image Canal + (c)

La dernière fois que Malherbe avait enchaîné deux victoires d’affilée à l’extérieur en Ligue 1, c’était en 2007, lors de froides soirées de fin d’année, au Parc des Princes et à Rennes. Chaque supporter caennais était alors porté par une sensation de plénitude devant cette équipe joueuse, composée de joueurs talentueux tels que Gouffran et Eluchans.

Sept ans plus tard, la méthode a changé. Et s’avère efficace. Dès le début du match, Malherbe se montre solide, récite ses gammes, sans prendre de risques. Julien Féret, plus haut sur le terrain, distribue en trottinant. Derrière, rien ne passe. On a rarement vu une telle maîtrise l’année dernière. Facile la Ligue 1, tout compte fait.

En face, Reims fait corps avec le néant. Ses joueurs semblent s’emmerder et n’avoir aucune envie d’être sur le terrain. Pourtant, à la fin des 45 premières minutes, les Caennais ne se sont procurés qu’une seule (énorme) occasion, magnifiquement gâchée par Fodé Koïta. Pire, sans un grand Rémy Vercoutre, l’équipe de Garande serait rentrée aux vestiaires avec un pion dans la musette.

Le début de la seconde mi-temps est beaucoup plus compliqué pour Malherbe. On croit les rémois sortis de leur torpeur après deux grosses occasions consécutives. Grossière erreur. Le problème est que les caennais se mettent également à déjouer. Résultat : de longues minutes d’ennui qui ressemblent furieusement aux purges de l’année dernière. Nos p’tits caennais se font tellement chier qu’ils décident de rejouer au foot pour les dix dernières minutes. Le temps pour N’Golo Kanté et Hervé Bazile d’en planter deux. Et pour Malherbe de se remémorer les beaux souvenirs du passé.

Les tournants du match

31′ : Tacalfred se rêve en joueur technique et tente de dribbler Koïta. Evidemment, il se foire. Fodé part seul au but, se présente face à Placide, a tout le temps d’armer sa frappe et… et… et… Le gag. Une frappe incompréhensible, molle, non cadrée et qui va jusqu’à rebondir avant de sortir du terrain. Fodé ? Sérieusement ? MAIS POURQUOI ???

45′ : sur un coup franc adverse, les Caennais se disent qu’eux aussi ont le droit de faire grève. Dans la surface, Oniangue (seul) remet de la tête pour Charbonnier (seul) qui place un coup de casque surpuissant sous la barre. Vercoutre sort un réflexe incroyable. Et Damien Perquis comprend que la Ligue 1 n’a pas fini de le bouder.

55′ : Charbonnier profite d’une magnifique chandelle rémoise pour poussoter Appiah à l’épaule. Seul aux six mètres, le raffiné attaquant envoie un missile qui s’envole haut, très haut. Au challenge Bouglione, Koïta a trouvé son maître. Sur l’action qui suit, un coup franc lointain et mal dosé de Diego lobe tout le monde, y compris Vercoutre. Sur la barre.

83′ : Alors qu’on commence sérieusement à piquer du nez, Hervé Bazile s’amuse côté gauche et centre pour Koïta. C’est finalement Kanté, lancé à 100 à l’heure (étonnant), qui reprend à l’entrée de la surface. La frappe de N’Golo est parfaitement placée. Deuxième but en trois matchs pour le futur ballon d’or.

92′ : Magnifiquement lancé par Julien Féret, Koïta part à nouveau seul au but mais cette fois, Bazile l’accompagne. Fodé la joue collectif et offre son premier but en Ligue 1 à l’ancien du Poiré-sur-Vie. 2-0. Rideau.

Les joueurs caennais en smileys

🙂 A peine 30 minutes de jeu, un but, une passe dé’. Hervé Bazile ne pouvait pas mieux remplir son rôle de supersub. N’Golo Kanté reste N’Golo Kanté alors que Damien Da Silva a joué au taulier en défense. Enfin, Rémy Vercoutre a sorti le grand jeu : une parade somptueuse, des sorties aériennes impériales. Le tout magnifié par un maillot au goût douteux. Collector.

:|  Jean Calvé a fait le taf. Dennis Appiah également, même si ce fut un peu plus laborieux. Jean-Jacques Pierre a préféré laisser DDS défendre pour deux, cela suffisait. Devant, Jordan Adéoti a encore livré un match costaud alors que Julien Féret monte sérieusement dans les tours.

🙁 Malgré trois grosses occasions, Fodé Koïta n’a pas marqué son premier but en L1 mais sa présence dans les airs ainsi que sa passe décisive pour Bazile nuancent son bilan. Soirée compliquée pour les ailiers : Florian Raspentino a été fantomatique alors que Lenny Nangis a été muselé par Franck Signorino, pourtant plus de première fraîcheur.

J’ai aimé, j’ai pas aimé

J’ai aimé : la pommade passée par les commentateurs de beIN Sports sur le corps du Stade Malherbe. Par moment, cela frisait le massage érotique. Très agréable, surtout en sirotant un perroquet.

J’ai pas aimé : les sifflets des supporters rémois lors de la sortie de Charbonnier, « le nouveau Olivier Giroud » dixit Loulou Nicollin. Les mecs, un peu d’humanité. Il n’a rien à faire en Ligue 1, qu’y peut-il ?

Le Malherbe Café est un bar ouvert à tous, de minuit à minuit. S’y croisent les vieilles gloires du club avachies au comptoir, les coupures de presse punaisées sur le papier peint humide, les supporters adverses toujours accueillis comme des frères, et les analyses des tenanciers qui font la réputation de la maison. Pour le reste, c’est bière pour tous. Alors à vos mousses !