Ngom pour effacer Gradit

On lit un peu partout que notre nouveau président est meilleur communicant. En recrutant un dénommé Ngom à dix jours de la rentrée scolaire, il réalise un sacré coup ! On se souvient d’un cahier (vous l’avez ?),  de plusieurs manuels (Rival, Imorou…), sans oublier les ciseaux de Kandia Traoré et Christian Kouakou. Bref, une recrue idéale à l’heure où Malherbe peine à compléter sa liste de fournitures.

Cela lui fera sans doute chaud au coeur car plusieurs fois Ngom fut effacé des tablettes. Après avoir animé l’attaque des équipes réserves de Guingamp et de Paris SG, il disparaît en Bulgarie. La faute aux blessures, à un fort caractère aussi, paraît-il… Santy appartient à la famille des joueurs éternellement prometteurs, ceux qui peinent à trouver leur place dans le monde professionnel.

C’est à Suze, dans la Sarthe, qu’il va chercher un petit remontant. Le nom fleure bon le village franchouillard, tranquille mais festif à l’occasion, idéal pour se requinquer. 36 buts sur une saison, dont 25 en championnat… de division d’honneur. Une véritable tournée des grands ducs de la Sarthe avant de rejoindre ceux de Bretagne, à Nantes.

Plus qu’à celle des seigneurs, Santy Ngom appartient à la lignée des revanchards. A Malherbe, on adule parfois ces attaquants qui reviennent de loin : Cyrille Watier, Youssef El-Arabi ou encore… Yacine Bammou (!), qu’il côtoie à la Jonelière. Ce dernier le prend sous son aile, lui délivre de précieux conseils. Yacine : « Comme j’ai eu un parcours un peu similaire au sien, je lui ai jeté deux ou trois trucs. Je partage mes petites erreurs ou ce que j’ai fait de bien pour qu’il avance le mieux possible » (Ouest France, 10 décembre 2017).

Et ce qui devait arriver, arriva ! En décembre 2017, face aux Verts, Santy Ngom mange la feuille, seul face au but, aux 5,50 mètres, à la dernière minute. Sa tête manque le cadre. De quoi créer des liens avec son nouveau coéquipier, Herman Moussaki !

Par-delà les pépins physique, les aléas du foot, Santy ne lâche rien. Il y a deux ans, il déclarait dans la presse : « j’aimerais faire partie de ceux pour qui tout est possible ». Et c’est peut-être la raison pour laquelle on va l’adorer. Son passage à Nancy séduit. A 26 ans, il est de nouveau prometteur. Il peut croire en un nouveau destin. La gomme, c’est cet objet qui permet d’effacer ce que l’on a raté pour recommencer à l’infini.

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Le Malherbe Café est un bar ouvert à tous, de minuit à minuit. S’y croisent les vieilles gloires du club avachies au comptoir, les coupures de presse punaisées sur le papier peint humide, les supporters adverses toujours accueillis comme des frères, et les analyses des tenanciers qui font la réputation de la maison. Pour le reste, c’est bière pour tous. Alors à vos mousses !