Des vacances bien méritées

 

Attention, cet article est écrit par un membre de WAM mais n’engage que son auteur. Il n’y a pas chez WAM de pensée unique, sauf quand il s’agit de sujets sérieux comme le pain au chocolat ou s’il est nécessaire de piquer les merguez.

Décidément ce club est unique.

Un nouveau projet ambitieux, des jeunes pépites qui sortent d’un centre de formation dont la notoriété ne cesse de croître, une 4ème saison d’affilée qui se profile en Ligue 1, un stade enfin aux couleurs, et pourtant le malaise est palpable. Les supporters sont en colère, les joueurs s’interrogent ouvertement, et les dirigeants sont sur les dents. A cause de quoi ? A cause de qui surtout : Patrice Garande.

Patrice Garande le mal-aimé. Patrice Garande le taiseux. Patrice Garande le regard dur, chaine autour du cou, gel dans les cheveux, et chewing-gum ostensiblement maltraité entre ses mâchoires solides. Patrice est un peu le cliché du footballeur des années 80, qui rit fort et ouvre volontiers les derniers boutons de sa chemise.

Il est arrivé après Dumas. On a tout de suite aimé son franc parler, son projet de jeu, la fameuse « verticalité ». Et puis ses résultats : montée en Ligue 1 dès la deuxième saison, performances exceptionnelles lors de la deuxième partie de saison suivante pour sauver le club, et saison record l’année d’après avec une 7ème place en Ligue 1, deuxième meilleure performance du club dans l’élite.

Et puis il y a eu cette saison, faite de tristes matchs, de petites victoires et de grosses défaites. De mémoire de supporters, on ne s’était jamais autant ennuyé devant Malherbe.

Oh bien sûr il y a eu ce nul grandiose dans les derniers instants à Paris … mais comme le coup d’un soir rencontré sur Meetic, l’émotion est montée très vite pour redescendre aussitôt au petit matin. Les frustrations de la saison n’ont pas été effacées par le but de Ronny. On n’oublie pas l’altercation avec le MNK, on n’oublie pas la défense à trois, le jeu stéréotypé et les 143 centres tentés par match. Dès le lendemain Patrice Garande était seul.

D’ailleurs comme un symbole, même sur le but Patrice est seul. Il le fête seul.

C’est un peu triste comme image. Nous devant notre télé on a tous beuglé comme des sauvages, on a tous serré quelqu’un (ou quelque chose) dans nos bras. Lui il a couru comme un gamin, et puis il s’est souvenu qu’il était seul. On le voit dans son regard à la fin : il le sait.

Quelques jours plus tard on apprend qu’il va faire une interview dans Ouest-France. Certains supporters attendent des actes forts, sa démission, son limogeage, ou au moins qu’il fasse un mea culpa.

Au lieu de ça, il dézingue ses joueurs : son équipe qu’il a tant protégée, ses vieux briscards qui lui montraient de « belles choses » à chaque défaite, tout le monde en prend pour son grade. Et il se réfugie derrière son seul objectif : le maintien, validé au dernier moment mais validé quand même. Nananère.

« J’ai mis une croix sur tous les joueurs nuls, du coup j’ai plus de place pour signer »

A ce moment-là, même avec la meilleure volonté du monde, l’image triste de Patrice qui est seul sur le banc de touche on n’en a un peu rien à foutre. Non seulement c’est très moche, mais c’est surtout très contre-productif. Qui aurait envie de reprendre l’entrainement sous les ordres d’un entraîneur qui dézingue ses joueurs ? On lui a tellement reproché de surprotéger ses joueurs cette saison que cette sortie sonne presque comme un suicide calculé (un « auto-suicide » pour @La_SMAcademie. On ne juge pas.)

Mais on sait tous que Jean-François Fortin n’est pas du genre à payer des indemnités de licenciement et on aurait du mal à lui en vouloir tant sa présidence aura été marquée sous le sceau de la santé financière avant tout. Avec la réussite qu’on connait.

Garande donne l’impression qu’il veut partir, Fortin ne veut pas payer, et on a une équipe à reconstruire. Alors on fait quoi maintenant ?

Je vais vous dire ce que je vais faire moi : je vais continuer à supporter Malherbe. Que ce soit Patrice, Gisèle ou Monique sur le banc je m’en fous. Que ce soit Jean-Victor, Vincent ou Diego sur le terrain je m’en tape à partir du moment où ils portent le maillot et courent après la balle. Je ne suis ni au MNK ni partenaire du club, c’est dire si mon avis a de l’importance, mais j’aimerais bien qu’on s’engueule encore sur la couleur du nouveau maillot et les croissants s’il vous plait.

Y en a un peu marre des « Y a qu’à faut qu’on ». C’est pareil toutes les fins de saison mais c’est à un degré insupportable là. Pour toutes les raisons listées plus haut c’est raisonnable de gueuler, mais il faut rester cohérent et ne pas noircir le tableau. Je vous rappelle qu’on va vivre une 4ème saison dans l’élite bordel. Une élite qui compte de sacrées belles équipes : Monaco, Paris, Lyon, Marseille, Nice … On a connu pire comme situation non ? Et c’est même pas une expression, on a VRAIMENT connu pire comme situation, souvenez-vous.

Laissez Xavier faire son travail. Dès qu’il aura de plus amples informations croyez bien que vous en serez les premiers informés.

Profitons de cet été pour nous déconnecter du club et du foot, jetons les pétitions inutiles, faisons des châteaux de sable, courrons nus sur la plage, batifolons dans les herbes. On l’a bien mérité après tout.

Quand un membre de notre collectif n'assume décidément pas ses quolibets, il signe au nom de tout le monde.