6 décembre 2016

Hippolyte Dangbeto : toujours plus loin.

dabgeto_bandeau


They Are Malherbe vous propose de retrouver les anciens porteurs du maillot rouge et bleu, pour des entretiens à cœur ouvert et pour que dure encore un peu l’histoire. Aujourd’hui c’est Hippolyte Dangbeto qui se prête au jeu.


Combien de temps es-tu resté sous les couleurs du Stade Malherbe Caen 
?

Je suis arrivé au Stade Malherbe en 1990, en provenance du Matra Racing. J’ai dû mettre quelques temps à m’adapter et au final je suis resté 5 ans, jusqu’en 1995. Après la relégation cette année-là, malgré une belle équipe avec des talents et un super entraîneur (Pierre Mankowski), je suis parti à Perpignan 2 ans, avant de faire 1 an à l’ESTAC et 1 an à Sedan. Puis j’ai décidé d’arrêter malgré des propositions en Angleterre, un choix que je regrette d’ailleurs : avec le recul, j’aurais beaucoup aimé faire l’expérience du football anglais.

Ton meilleur souvenir de joueur ?

J’en ai plusieurs. Mes premières sélections en équipe de France espoirs, en équipe de France militaire… C’est toujours de bons souvenirs !

Avec Caen, je me souviens de la qualification en coupe d’Europe bien sûr, le match de Saragosse… (silence) J’ai toujours aimé provoquer dans le jeu, et pour Andreas Brehme je ne me suis pas privé ! (rire)

Sinon il y a aussi ce match de malade en coupe de France, Caen-Lens, victoire 5-4 dans un stade de Venoix en feu…c’était inoubliable !

Ton pire souvenir de joueur ?

Ola…facile. Caen-Auxerre à d’Ornano. Je passe complètement à côté de mon match, je suis à la ramasse et en plus, sur un tacle mal maîtrisé, je blesse Pascal Vahirua. Jambe cassée ! C’était un super pote en plus, je m’en suis toujours voulu.

Tes anciens coéquipiers préférés ?

Benoît Cauet, avec qui je me suis bien entendu tout de suite. On était de vrais bosseurs, on se retrouvait après l’entraînement pour travailler tous les deux. Xavier Gravelaine aussi, on faisait du covoiturage pour aller en sélection militaire (rire). Blablacar avant l’heure !

Sans oublier Amara Simba et puis Franck Dumas aussi, que j’avais connu au Racing, ce qui avait facilité ma venue au Stade Malherbe d’ailleurs.

Ton coach préféré ?

Honnêtement, tous les entraîneurs que j’ai eu m’ont apporté quelque chose : Daniel Jeandupeux, Pascal Théault, Alain Douville… Il y a aussi Alain Perrin, Patrick Remy et Roger Lemerre en équipe de France militaire.

 

Effectif Caen 92/93

Effectif Caen 92/93 – Dangbeto au milieu, 3ème en partant de la gauche.

Le joueur qui t’a le plus marqué (impressionné) dans ta carrière ?

Cela va peut-être t’étonner mais peu de joueurs m’ont impressionné car je me renseignais sur mes adversaires donc j’étais un minimum préparé, y compris contre des joueurs de talents. En revanche, il y a un joueur moins connu mais qui m’a martyrisé sur le terrain : Franco Vignola (passé par l’AJA, EAG, OM et OGCN), un attaquant de poche hyper rapide. À chaque fois je me faisais bouffer !

Tes qualités et forces de footballeur ?

Travailleur, rigoureux, rapide, mais surtout je prenais du plaisir sur le terrain et j’ai toujours cherché à en prendre.

Tes faiblesses et failles de footballeur ?

Je n’étais pas assez ambitieux. Je me suis contenté de ce que j’avais et je suis sûr que ma carrière aurait pu être différente si j’avais eu les dents plus longues.

Si tu devais trouver un footballeur actuel qui te ressemble ?

(Rire) Pas facile ça, je dirais un mix de Daniel Alves pour sa capacité à prendre les couloirs et sa rapidité, avec Djibril Sidibé pour sa polyvalence et sa percussion physique.

Une anecdote, un truc insolite ?

Dangbeto en 1994

(Rire) Bon, je ne sais pas si je dois le dire mais maintenant il y a prescription. C’était l’année de la qualification en coupe d’Europe, en championnat on venait de perdre au Vélodrome et l’ambiance était lourde au retour. A la sortie de l’avion Jean François Domergue surprend tout le monde en disant : « personne ne rentre directement, vous me suivez. ». On le suit ; il nous emmène dans le Vaugueux et nous fait rentrer dans un bar. Tout le monde s’assoit et Domergue nous regarde avec le visage fermé. On s’attendait à se faire engueuler. Il nous fait un rapide debriefing du match puis nous dit : « Quand on perd ce type de match, il n’y a pas dix solutions, il faut l’oublier. »

5 minutes après on avait tous 10 shooters d’alcool devant nous, on a dû les boire à la suite. La nuit a été courte, on est rentré à pieds et beurrés comme des petits Lu !!! Pour l’anecdote, on a gagné le match suivant (rire).

Suis-tu toujours l’équipe en championnat ?

Oui je suis les résultats, je reçois les notifications sur mon téléphone (rire).

Tes impressions sur l’équipe actuelle.

(Silence) Eh bien l’équipe a été pas mal remodelée, avec les départs de Delort et d’Appiah. Des jeunes sont arrivés, Santini doit prendre ses marques. Ils traversent une passe difficile mais je pense qu’ils ont les moyens de se sauver, le groupe me semble honnête, avec des joueurs qui ne trichent pas.  Comme on l’a vu après le match de Dijon, Malherbe est une famille, les supporters font partie de cette famille et c’est ensemble, joueurs, staffs et supporters que le club se sauvera.

Le meilleur joueur de L1 ? Du Monde ?

Au monde pour moi on n’a jamais fait mieux que Zidane. En ligue 1 c’est Cavani pour moi, beaucoup de déchets c’est vrai mais un mental incroyable et un travailleur hors norme.

Des nouvelles de toi, que deviens-tu ?

Je gère un concept de jeu, Pro-training games, une sortie de tennis-ballon avec des buts, et je dirige des stages de perfectionnement technique pendant les vacances scolaires.

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A propos de Rémy Verpoutre

Rémy Verpoutre

Né en 1986 de la rencontre entre une goutte de sueur de Fabrice Divert et le regard de Pierre Mankowski, il voue sa vie à tenter de faire classer le SM Caen au patrimoine mondial de l’Humanité. Intervieweur acharné, il traque et questionne les anciens porteurs du maillot rouge et bleu afin d’entretenir leurs voix dans le Panthéon Malherbiste.

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