11 août 2016

Cyrille Watier : 17 de cœur

 

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They Are Malherbe vous propose de retrouver les anciens porteurs du maillot rouge et bleu, pour des entretiens à cœur ouvert et pour que dure encore un peu l’histoire. Aujourd’hui c’est le meilleur buteur de l’histoire du SM Caen avec 61 réalisations qui se prête au jeu, le grand Cyrille Watier.

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Combien de temps es-tu resté sous les couleurs du Stade Malherbe de Caen ? Ton parcours ?

J’ai démarré au FC Lorient à l’âge de 7 ans et jusqu’à mes 25 ans, non conservé je suis parti à Pontivy en CFA. A l’issu de la saison j’avais marqué 25 buts et le Stade Malherbe m’a proposé un essai qui s’est avéré concluant puisque je suis resté 6 ans (rire).

Ton meilleur souvenir de joueur ?

(Silence) Alors ça va te paraître bizarre mais c’est la victoire contre Angers en 2000/2001. On fait une saison horrible, et c’est l’avant dernier match de la saison, le dernier à domicile. On joue pour sauver notre peau, on avait pris conscience de l’urgence et de l’importance de la situation pour le club, et notamment sur le plan humain, car derrière le club il y avait des gens qui risquaient d’être licenciés si on se plantait. Au-delà du sportif c’est la dimension humaine qui a pris le dessus ce soir-là. Après la rencontre il y avait un vrai soulagement et j’ai vu beaucoup de larmes.

 Ton pire souvenir de joueur ?

La descente en 2005 contre Istres, on n’était pas la meilleure équipe du monde mais on avait du cœur. En plus je n’ai pas joué ce match, j’ai été écarté du groupe car j’avais une petite crève. (Silence) C’est comme ça mais avec le recul ça a été encore plus dur de terminer comme ça.

Tes anciens coéquipiers préférés ?

(Sans hésiter) Titi Deroin c’est certain ! Christophe Horlaville aussi, et Seb Mazure…et je pense qu’on ne nous a pas assez fait jouer ensemble, on aurait pu faire un sacré duo.

Ton coach préféré ?

Christian Gourcuff car il m’a formé, il m’a appris le football et la tactique. Pascal Théault celui qui m’a fait signer pro, et aussi Jean Louis Gasset qui m’a fait grandir. Il m‘a fait comprendre que je pouvais viser plus haut, alors que moi à 27 ans je jouais en Ligue 2 j’étais content, et grâce à lui j’ai pu jouer en L1.

Le joueur qui t’a le plus marqué (impressionné) dans ta carrière ?

(Sans hésiter) Xavier Gravelaine et Franck Dumas ! Gravelaine pour sa facilité, sa patte gauche, sa technique et sa vision de jeu. Il pouvait être sacrément con sur un terrain (rire) mais toujours positif, dans la gagne ! L’homme est à l’image du joueur, entier.

Dumas un vrai rempart, la classe du défenseur dans toute sa splendeur, toujours bien placé, il a passé sa vie à couper des trajectoires de centres !

Et sinon Anelka qui m’a impressionné par sa vitesse.

Tes qualités et forces de footballeur ?

Ma vitesse et mon adresse devant le but, mon endurance aussi.

Tes faiblesses et failles de footballeur ?

Ma technique parfois juste, je n’ai jamais été un dribleur fou, les passements de jambes et roulettes ce n’est pas moi ! Moi je rentre, je frappe, je marque ! (Rire)

Si tu devais trouver un footballeur actuel qui te ressemble ?

(Rire) pas facile et on va croire que j’ai le melon, mais je dirais Kingsley Coman pour sa vitesse et son explosivité.

Une anecdote, un truc insolite ?

Un jour de match à Châteauroux Olivier Bellisi avait oublié ses chaussures, et à l’époque on n’avait pas d’intendant avec plein d’affaires, il fallait se débrouiller. Et au final il a réussi à se faire prêter une paire par un coéquipier, et tout ça sans se faire choper par le coach, car ça aurait été sa fête !

Suis-tu toujours l’équipe en championnat ?

Evidemment !

Tes impressions sur l’équipe actuelle.

J’espère qu’ils vont refaire une saison comme celle de l’an dernier mais je pense que cela va être plus difficile, ils vont être plus attendus. En tout cas le recrutement est intéressant, Malbranque c’est une bonne affaire !  Et il y a beaucoup de gars expérimentés pour encadrer les jeunes, c’est l’idéal pour un club formateur comme Caen.

En parlant de recrutement que penses-tu de « l’affaire Andy Delort » ?

Je ne suis pas surpris, cela lui ressemble. Il avait fait une bonne saison à Tours, il était parti se planter en Angleterre puis il est revenu à Tours. Malherbe le sort de l’impasse, et voilà comment il renvoie l’ascenseur.  C’est malheureusement symptomatique du football actuel, les mecs mettent 12 buts et ça y est, ce sont des stars ! Alors quand je les vois embrasser le maillot je rigole !

(Rire) Au moins je suis tranquille avec mes 61 buts, mon record n’est pas près de tomber avec des mentalités pareilles.

Si tu étais président du SM Caen, comment tu gérerais ce bras de fer ?

(Rire) Je suis directeur Technique (et joueur) d’un petit club à coté de Lorient (FC Ploemeur) et on rencontre déjà à ce niveau des problèmes d’égos, et quand on voit l’exemple des « professionnels » on comprend pourquoi !

Perso j’ai choisi d’entrainer l’équipe féminine car elles sont plus sérieuses et appliquées que les garçons, donc pour répondre à ta question je ne sais pas ce que je ferais, mais ça me conforte dans le plaisir que j’ai de ne plus baigner dans le foot pro.

Que deviens-tu ?

Je travaille dans un Leclerc Sport et j’entraîne les filles du FC Ploemeur, et je reste un fervent supporter du SM Caen !

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A propos de Rémy Verpoutre

Rémy Verpoutre

Né en 1986 de la rencontre entre une goutte de sueur de Fabrice Divert et le regard de Pierre Mankowski, il voue sa vie à tenter de faire classer le SM Caen au patrimoine mondial de l’Humanité. Intervieweur acharné, il traque et questionne les anciens porteurs du maillot rouge et bleu afin d’entretenir leurs voix dans le Panthéon Malherbiste.

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