1 mars 2016

Richard Lecour: un parcours atypique

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They Are Malherbe vous propose de retrouver les anciens porteurs du maillot rouge et bleu, pour des entretiens à cœurs ouverts et pour que dure encore un peu l’histoire. Aujourd’hui c’est Richard Lecour qui se prête au jeu.

SM Caen 1999-2000 Richard Lecour en bas à gauche

SM Caen 1999-2000 Richard Lecour en bas à gauche

Combien de temps es-tu resté sous les couleurs du Stade Malherbe de Caen ? Ton parcours ?

Je suis arrivé au centre de formation en 1989 et je suis resté jusqu’à la fin de la saison 2000-2001. Un sacré bout de temps à Malherbe hein (rire) ! Sinon je suis aussi passé par Avranches 2002-2004, puis Dives-sur-mer 2004-2009.

Ton meilleur souvenir de joueur ?

Mon premier match en pro. Tu sais j’ai un parcours atypique, j’ai tout connu à Malherbe, j’ai commencé comme aspirant, amateur, contrat de qualification, j’ai travaillé dans les bureaux au stade, puis stagiaire pro ! J’ai commencé au bas de l’échelle.

En 1996 cela faisait quelques temps que je m’entraînais avec la réserve et très rarement en pro, je ne me faisais pas d’illusion, je me disais qu’à la fin de l’année j’allais partir et que c’était comme ça.

Puis il se trouve qu’il y a eu une cascade de blessés et l’entraîneur Guy David m’a donc convoqué au stage de préparation pour m’annonce que je serais titulaire contre l’OM dimanche soir. Surprise totale ! Titulaire à d’Ornano contre l’OM, la famille au stade, le dimanche soir diffusé sur Canal, j’aurais pu courir 4 heures tellement j’étais fou.  Le lendemain je signais mon premier contrat pro.

Ton pire souvenir de joueur ?

(Silence)  En 2001…en fait, c’était assez particulier. De 1996 à 2001 il y a eu une véritable évolution à Malherbe, le club s’est professionnalisé, dans sa structure, son fonctionnement…et nous, notre petite bande de potes, Johan Gallon, Jean Philippe Caillet, Milos Glonek, Stéphane Tanguy etc…on savait que nous n’allions pas être conservés. Et le dernier match de la saison on va à Cannes, on perd mais le club est sauvé. Retour au stade, on arrive sur le parvis de d’Ornano et là le trop plein d’émotions, on s’est mis à pleurer. On sentait tous que c’était la fin d’une époque, une page était en train de se tourner. C’était très dur.

Tes anciens coéquipiers préférés ?

Oh ben toute la bande que je viens de te citer, c’était vraiment des amis ! Sinon en tant que joueur Pascal Vahirua et Raphaël Guerrero m’ont beaucoup apporté, avec leur expérience et leurs conseils.

Ton coach préféré ?

J’en ai connu beaucoup à Caen des coaches, mais sans hésiter je retiendrais Pascal Théault et Daniel Jeandupeux. L’un pour ses qualités de formateur et l’autre pour sa vision du football que je partageais totalement.

Tes qualités et forces de Footballeur ?

J’étais teigneux et accrocheur, avec un bon sens de l’anticipation.

Tes faiblesses et failles de Footballeur ?

Je manquais de vitesse et je n’étais pas assez costaud !

Une anecdote, un truc insolite ?

Un jour on se déplace à Toulon, en avion vu la distance et Johan Gallon ne supportait pas ça, c’était une vraie phobie pour lui ! Et franchement ce jour-là il a été servi ! On a traversé un orage de dingue, ça secouait dans tous les sens, les bagages volaient dans la cabine, Gaby Calderon faisait sa prière au fond et le pauvre Johan s’est levé et a harcelé les pilotes pour qu’ils posent l’appareil !!! A l’arrivée on était tous blancs comme des linges, et Johan a fait le retour en train (rire).

Suis-tu toujours l’équipe en championnat ?

J’adore tous les sports et je suis beaucoup l’actualité sportive et donc le Stade Malherbe, je suis toujours Malherbiste !

Tes impressions sur l’équipe actuelle.

Ils ont fait un bon début de saison, avec un recrutement intelligent et la mayonnaise a bien pris. Après ils ne sont pas à leur place quand ils sont 3ème, cela montre aussi la bizarrerie de la L1 cette année.

 Le meilleur joueur de L1 ? Du Monde ?

En L1 Verratti, il est excellent et en plus on ne l’entend pas (rire), au PSG ça change !

Au monde… Messi certainement, même si ce ballon d’or ne veux pas dire grand-chose. Je trouve que ça ne rime à rien, on oublie les milieux de terrains et défenseurs, on récompense les mecs qui sont dans la lumière !

Des nouvelles de toi, que deviens-tu ?

Je travaille chez Veolia propreté depuis 2004 en tant que responsable d’exploitation. Je joue toujours en vétéran aux PTT à Caen. Et j’ai aussi eu une expérience d’entraîneur à Courseulles-sur-Mer mais je n’en garde pas très bon souvenir.

Pourquoi ?

J’ai un peu de mal avec la nouvelle génération, enfin je ne mets pas tout le monde dans le même panier, mais dans l’ensemble j’ai été déçu du manque d’implication et de reconnaissance de beaucoup. Ils savent tout et ont tout vu.

Tu sembles un peu nostalgique du football d’avant ?

Nostalgique je ne sais pas mais c’est clair que j’ai connu un football différent de celui qui existe maintenant. Et ce n’est pas forcément négatif, il y a du bon et du mauvais ! Malherbe s’est professionnalisé et tant mieux pour le club, mais je déplore quand même le foot paillette, avec son argent et sa médiatisation à outrance. C’est surement la société qui veut ça mais je ne m’y retrouve pas.

Du coup je n’entraîne pas, et ça me fait du bien de voir un autre monde que le milieu du foot. La vraie vie en quelque sorte.

 

 

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A propos de Rémy Verpoutre

Rémy Verpoutre

Né en 1986 de la rencontre entre une goutte de sueur de Fabrice Divert et le regard de Pierre Mankowski, il voue sa vie à tenter de faire classer le SM Caen au patrimoine mondial de l’Humanité. Intervieweur acharné, il traque et questionne les anciens porteurs du maillot rouge et bleu afin d’entretenir leurs voix dans le Panthéon Malherbiste.

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