Si à 10 ans t’as pas ton maillot caennais, t’as raté ta vie

Aujourd’hui, la Caencaneuse va te livrer un secret. Un secret bien gardé, comme son anonymat : des fois, elle part se ressourcer à l’île de Ré, incognito, star parmi les stars en vacances. C’est une info importante parce que tu vas voir que, même là-bas, son destin en rouge et bleu la rattrape. Il y a quelques jours seulement, tu dois l’imaginer, rayonnante, faisant son petit marché de bon matin, sous un soleil de plomb et un chapeau de Parisienne. Et là, comme une apparition divine. Croisé, là sur l’île de Ré, un gamin arborant ses couleurs caennaises, maillot du centenaire flambant neuf sur les épaules. Trop swag Malherbe, toujours dans les places to be. Mais, à votre avis, par quel heureux hasard ?

Première possibilité : cet enfant a été obligé de se vêtir ainsi par ses parents, craignant de le perdre dans la foule, espérant le retrouver plus aisément grâce à ses rayures rouges et bleues. Hypothèse possible, se dit la Caencaneuse, qui, nulle en « enfant », ne saurait dire s’il avait 6, 8 ou 10 ans, et donc s’il était déjà assez conscient de son sort pour tenter de se barrer en douce au PMU.

Deuxième possibilité : cet enfant a été payé par le club pour faire la promotion du SM Caen dans toutes les stations balnéaires cet été. Il a dû voir du pays et des gonzesses. Parce qu’on peut vachement pécho avec le maillot malherbiste sur les épaules, il vous le dira mieux que moi. Moi, je n’ai pas besoin de ça, évidemment.

Troisième possibilité : cet enfant, encore un peu trop jeune mais déjà trop footix, avait demandé le maillot du Barca à ses parents. Trop cher, ceux-ci l’ont habilement berné. Quand il comprendra, à la rentrée… Pov’ gosse.

Quatrième possibilité : son père. N’assumant pas lui-même de porter ses vraies couleurs dans la vie civile, il se rabat lâchement sur son fils, et lui achète plusieurs tuniques chaque saison.

Cinquième possibilité, la pire : SA MERE. Monomaniaque et frustrée par l’offre vestimentaire féminine du SM Caen (ceci est peut être un message caché pour le club), celle-ci lui a acheté toute la panoplie pour toutes les occasions. Tenue officielle, domicile, extérieure, d’entrainement, de ville… Le pauvre gamin amuse bien ses camarades d’école. Mais au moins, il a du style. Enfin, selon sa mère.

Quand la Caencaneuse aura une progéniture et des emmerdes, elle en fera au moins autant, pour sûr. Comme elle leur racontera de beaux contes merveilleux pour s’endormir… « Et alors, là, tu vois, Steve Elana l’a sortie du bout des doigts, sinon ça finissait en pleine lulu ! », « Tu les aurais vus, il faisait rêver le duo de chevaliers Seube-Hengbart… Oui Seube, le monsieur dont maman embrasse la photo avant de faire dodo, c’est ça ! », « C’est normal d’avoir de la peine tu sais, maman aussi pleure parfois, comme sur le chemin du retour du Stade de France, après la finale, en 2005… ». Le premier qui dit « pov’ gosse » sort.

Tout ça nous amène à la toute dernière possibilité qui a placé ce petit bonhomme sur ma route rétaise : l’amour du maillot et l’espoir, boudiou. Bordel vous auriez dû le voir, fier comme un Normand. Ils le font rêver avec ce début de saison nos bonshommes ! Il va venir grossir nos rangs et il ne sera pas tout seul. L’été prochain, ce ne sera pas un, pas deux, mais des centaines de gosses en rouge et bleu partout, comme un feu d’artifice célébrant le retour en Ligue 1. Entre ici, jeune gamin, au panthéon des supporters.

PS : si vous croyez reconnaître votre enfant dans cette description certes sommaire, si vous pouvez le prouver (ticket du pont de l’île de Ré à l’appui), vous gagnereeeeez…. l’incommensurable satisfaction d’avoir croisé, un jour, la Caencaneuse, en vrai. Bisous.

Crédit photo : Hastings

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