La saga du stade de Venoix (8/8)

De nos jours

Le stade est en semi-retraite à partir de l’été 1993, date à laquelle le stade Michel d’Ornano accueille désormais toutes les rencontres de football de haut niveau. Toutes ? Non, une seule se déroule, en août 1999, à Venoix, entre l’équipe première du SMC et l’ES Wasquehal pour le compte de la première journée de championnat de deuxième division, la pelouse du stade Michel d’Ornano étant en réfection. 5 990 spectateurs, dont de nombreux nostalgiques, remplissent les travées. L’affluence ne peut être supérieure car les tribunes installées lors de la montée en 1988 ont été progressivement retirées. Le football y est encore pratiqué malgré tout par l’équipe réserve du Stade Malherbe qui y joue ses matchs. Mais, mis à part les familles des joueurs et quelques aficionados, il n’y a guère foule. Le centre de formation continue d’utiliser le reste des installations du stade et ses nombreux terrains d’entraînement. L’équipe première utilise l’un des terrains pour ses entraînements quotidiens, à l’exception du printemps 2011 où l’entraîneur décide, sans en avertir la mairie, de délocaliser les entraînements à Cormelles-le-Royal car il trouve celui de Venoix « catastrophique ». La mairie a continué d’investir dans ses terrains avec notamment la reconversion de l’un des terrains en surface synthétique en novembre 2004.

Autre activité footballistique qui quitte Venoix, le centre de formation du SM Caen déménage en juillet 2006 pour rejoindre un tout nouveau bâtiment situé entre le stade Michel d’Ornano et le terrain d’entraînement utilisé par les professionnels. L’ancien bâtiment de la rue du Stade de Venoix est inutilisé pendant quelques années. En mars 2012, il est transformé en pôle de quartier par la ville

Hors matchs officiels, le stade accueille chaque mois de mai un tournoi de jeunes de moins de 13 ans. Appelé au début « Festival du Jeune Footballeur », il est renommé en 2002 « trophée Jean Pingeon », en hommage à l’ancien président décédé.

Depuis 1923, et l’ouverture du stade Hélitas, Venoix n’avait pas eu les honneurs d’un match de rugby. Le 4 février 2011, l’équipe de France de moins de 20 ans surclasse l’Écosse dans le cadre du tournoi des VI nations. Pour l’occasion, les poteaux du stade Hélitas sont « empruntés ». Les sanitaires sont refaits et la capacité officielle est portée de 2 990 à 7 000 places. Toutes les places trouvent vite preneur et le stade réalise la meilleure affluence de son histoire pour un match de rugby et la meilleure depuis le départ du football professionnel en 1993.

La piste cycliste continue d’être utilisée pour ses entraînements et compétitions par l’ES caennaise qui organise chaque année, en septembre, une course dite « de relance ».

Aurait-on pu agrandir Venoix ? La question s’est posée dès l’accession du Stade Malherbe en 1988. La mairie et le club étaient favorables à une reconstruction du stade avant d’opter pour la construction du stade Michel d’Ornano. Des projets avaient été élaborés afin de porter la capacité de Venoix à 18 000 places. Cela impliquait d’emblée la suppression de la piste cycliste et, par conséquence, la construction d’un nouveau vélodrome. A l’époque, les conditions de sécurité étaient moins drastiques et il était envisagé de refaire le virage Venoix avec des gradins debout d’une capacité de 9 672 spectateurs ; l’autre virage étant censé accueillir 1 928 spectateurs assis ! Les tôles auraient été transformées en 3 960 places assises. Un fossé aurait entouré le terrain dont la largeur aurait été augmentée de 3 mètres. Autre amélioration imaginée, la construction d’un parking de 1 000 places qui a toujours fait cruellement défaut à l’enceinte. Mais ces beaux projets sont restés dans les cartons, la mairie et le club ayant opté pour une nouvelle structure.

Tournoi Jean Pingeon 2012

Tournoi Jean Pingeon 2012

Sources pour l’écriture de cette saga :
– bulletins des anciens de Malherbe
– archives municipales de Caen
– magazine Allez Malherbe et Allez Caen
– journaux : Ouest Eclair, le journal de Caen, Match inter, Paris Normandie, Ouest France, Caen 7 jours, Liberté – le Bonhomme Libre

article précédent

Historien, photographe, passionné de la ville de Caen, de football et des tribunes. Caution à peu près sérieuse de WAM.