La saga du stade de Venoix (2/8)

Le stade du SMC

Départ du cross-country de Basse-Normandie en février 1929

Départ du cross-country de Basse-Normandie en février 1929

C’est donc au lendemain de la Première guerre mondiale que le SMC prend pleinement possession des installations de Venoix. Le football tient toujours une place prépondérante mais la ligue de Normandie d’athlétisme y organise son cross-country, en février,  à partir de 1918. Avec la création d’une section féminine au SMC en 1921, une nouvelle activité fait son apparition : le hockey sur gazon. Les joueuses pratiquent ce sport l’hiver puis le basket et l’athlétisme, l’été. Elles s’entraînent sur l’un des terrains annexes. Elles sont championnes de France de basket et, en hockey, elles perdent en finale lors de la saison 1921-1922. Les dimanches matins sans compétition, le SMC dispense des cours d’éducation physique pour les jeunes enfants.

En football, la date du 3 décembre 1922 est à marquer d’une pierre blanche. Le SMC reçoit pour le compte des 32e de finale de la coupe de France l’Olympique de Paris, l’une des meilleures équipes françaises de l’époque. L’importance de l’événement attire près de 2 500 spectateurs à Venoix, ce qui constitue le premier record d’affluence. Pour la petite histoire, le SMC perd 3-2 face au futur demi-finaliste. Le club sait faire preuve de solidarité avec ses membres. Ainsi, lorsque son capitaine Eugène Maës – qui a repris une école de natation le long de l’Orne – a besoin de réunir des fonds, l’enceinte est mise à disposition pour accueillir un match de gala. L’école d’Eugène Maës est sérieusement endommagée par les inondations qui touchent Caen au début du mois de janvier 1925. En tant qu’ancien joueur vedette du Red Star, il arrive facilement à convaincre son ancien club de jouer, le 15 février, contre celui dont il porte désormais les couleurs. Trésorier du club depuis sa création, Victor Mullois décède en février 1930. Un match de gala en sa mémoire est disputé le 8 mars 1930 entre le SMC et, de nouveau, le Red Star. Autre match qui marque l’histoire du stade : celui contre la Stella de Cherbourg, le 16 décembre 1928, dont les incidents vaudront au terrain d’être suspendu pour la première et unique fois.

Avec les petits travaux effectués après-guerre (notamment en mai 1920), la capacité de l’enceinte est portée à 3 590 places réparties ainsi : 290 en tribune, 300 sur la pelouse et l’enceinte et 3 000 en populaire. La piste d’athlétisme est refaite en 1922 et mesure désormais 399,49  mètres. Les matchs de rugby continuent de se dérouler sur le « ground » de Venoix. Mais ces deux dernières activités vont progressivement migrer vers une nouvelle enceinte. En effet, le préfet Maurice Hélitas décide en 1921 de doter le département du Calvados d’une enceinte sportive digne de ce nom. A partir de 1923, et quelque temps après la fin des travaux, des compétitions d’athlétisme puis de rugby s’y déroulent. Avec l’exil de ces disciplines, le stade de Venoix peut être réaménagé. Depuis longtemps, les cyclistes caennais réclament une piste. Des dirigeants de l’Étoile Sportive Caennaise se mettent en relation avec ceux du SMC,  notamment Henri Prestavoine, le président de la section athlétisme. La piste d’athlétisme est remplacée par une piste cycliste. Les premiers travaux débutent au mois de mai 1924. Elle est ouverte dès le mois d’août. Avec cette nouvelle activité, on parle désormais du Parc des Sports de Venoix. Le vélodrome – autre surnom – est inauguré en grande pompe le 17 mai 1925. L’Étoile Sportive Caennaise devient le nouveau locataire des installations, surtout de la piste. Avec l’aménagement en vélodrome, le stade de Venoix passe dans une autre dimension : la ville de Caen peut de nouveau accueillir une étape du prestigieux Tour de France. Le 21 juin 1927, selon Ouest-Éclair, près de 10 000 personnes se pressent dans l’enceinte pour voir l’arrivée de la troisième étape entre le Havre et Caen. Les arrivées du tour s’y succèdent tout au long des années 30. Ces événements occasionnent de nouveaux travaux d’augmentation du nombre de places disponibles et de leur confort, en 1929. Puis, en mai 1930, des premiers travaux d’électrification sont entamés afin de permettre le déroulement de compétition « en nocturne ». Une première réunion cycliste se déroule dans ces conditions le 28 mai. Mais le but de ces travaux est de pouvoir accueillir des réunions d’importance la veille des arrivées des étapes du Tour de France comme cela se pratique sur d’autres vélodromes de France. Le cyclisme remplace l’hippisme dans le calendrier du stade : la saison cycliste débute généralement à la mi-avril avec l’arrivée de la course Paris-Caen et se termine à la mi-septembre avec une réunion cycliste ; les autres activités disposent des installations le reste de l’année.

Bien que le stade appartienne désormais au SMC, celui-ci le prête pour des événements sportifs et autres. Le 19 août 1923, le Boxing-Club Caennais organise une grande réunion de boxe avec plusieurs combats et la présence du champion de France en titre. Dans la période d’après-guerre, l’enceinte est aussi le lieu de fêtes commémoratives. Entre 1921 et 1923, l’Union Nationale des Combattants fête la Jeanne d’Arc chaque deuxième dimanche de mai. Les célébrations démarrent dans le centre-ville et une procession « monte à Venoix » où se déroule une fête sportive. Autre projet d’utilisation du terrain : l’organisation d’un meeting aérien. En effet, le journal l’Ouest-Éclair, avec l’aide de l’union commerciale de Caen, veut monter une démonstration sur les terrains. Mais les organisateurs renoncent finalement car les terrains ne permettent pas le décollage et l’atterrissage simultanés des avions. Le meeting est reporté au terrain de manœuvre de Cormelles (actuellement la Guérinière).

Special thanks to Loïc Le Du (en anglais pour lui faire plaisir).

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Historien, photographe, passionné de la ville de Caen, de football et des tribunes. Caution à peu près sérieuse de WAM.

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